OMP : personnel à bout et éducation des élèves menacée

150 membres du personnel de l’Office médico-pédagogique (OMP) étaient réuni·es lundi soir 2 décembre devant le bâtiment de leur employeur, sur appel du comité intersyndical SIT, SSP et Société pédagogique genevoise (SPG). Alors que la nouvelle directive sur le temps de travail amorce un naufrage prévisible, la direction de l’Office et le Conseil d’Etat restent sourds aux demandes du personnel.

Depuis la rentrée et l’introduction de la nouvelle directive sur le temps de travail des éducateur-ices, les difficultés auxquelles le personnel de l'OMP faisait déjà face demeurent ou s’aggravent. La direction générale et le département continuent pourtant d’ignorer les demandes du personnel. En effet, le temps en présence des élèves a augmenté dans certaines structures, notamment celles où ils-elles prennent les repas, tout en réduisant le temps de préparation. Une situation qui rend les journées impossibles à gérer, impactant les temps d’échange en équipe tout comme les tâches incompressibles. Massimiliano Masini, secrétaire syndical du SIT, commente: “avant même la fin du premier trimestre, le montant d’heures pensé pour faire face aux situations exceptionnelles est déjà presque épuisé pour de nombreux-ses membres du personnel à temps plein... Quant au personnel à temps partiel, il se retrouve à devoir choisir entre échanger avec les collègues ou préparer des activités éducatives. La situation est intenable.”

Un cercle vicieux
Pour essayer de tenir la barque, les éducateurs-trices font donc beaucoup d’heures en plus de ce qui est planifié, n’arrivent pas à prendre des pauses et s’épuisent. La qualité des suivis d’élèves en pâtit et le lien avec les familles s’effrite. “C’est un cercle vicieux”, ajoute Mathilde Mottet, secrétaire syndicale pour le SSP. “Les directions semblent entretenir une situation confuse car elles-mêmes divergent dans l’interprétation et la mise en œuvre des changements introduits par la directive. Et ce sont les éducateurs et éducatrices qui en paient le prix”. De plus, le Conseil d’État semble vouloir bloquer la demande de revalorisation des salaires formulée par la direction générale. Massimiliano Masini ajoute : “Les éducateur-trices ont réaffirmé ce soir que l’évaluation des conséquences de la nouvelle directive sur le temps de travail ne peut pas attendre. Les syndicats exigent maintenant une méthodologie d’analyse sérieuse.”

Des décisions éloignées du terrain
La réponse des directions, de la direction générale et du département aux alertes du personnel est de questionner leur capacité à gérer le temps hors présence des élèves. “Le personnel de l’OMP passerait trop de temps avec les familles ou dans l’accompagnement individualisé et il devrait apprendre à prioriser”, précise Mathilde Mottet. “Les membres du comité intersyndical vivent ça comme du mépris de leur employeur, pour eux et leurs métiers. Ce soir était l’occasion pour les éducateurs et éducatrices de l’OMP de transformer leur abattement en rage d’être entendu-e-s!”

Massimiliano Masini conclut: “Depuis presque deux ans, les revendications du personnel et des syndicats sont pourtant claires: maximum 28 heures par semaine en présence des élèves”. Ce chiffre, basé sur les 46h45 travaillées à temps plein par les éducateur-rices, est le résultat d’enquêtes menées ces dernières années. Il atteste de l'absolue nécessité d'avoir assez de temps de réflexion et de préparation pour une éducation de qualité.