La promotion de l’égalité et de la durabilité menacée dans l’enseignement secondaire

Au cycle d'orientation et dans le secondaire II, la promotion de l’égalité, la lutte contre les discriminations et l’éducation à la durabilité sont actuellement menacées par une réduction des moyens alloués. Baisse de la rémunération, augmentation de la charge de travail, disparition du poste de coordination des référentes égalité, suppression de la commission égalité du secondaire II et coupes budgétaires dans la promotion de la durabilité : en pleine canicule et montée du masculinisme, le DIP choisit la voie de l’irresponsabilité.

Eric Roset

Les mandats de chargé·e de mission égalité sont pratique courante au cycle d’orientation (CO) depuis des années. Il y a trois ans, une commission égalité composée de référentes dans les établissements a été mise en place, comme cela se faisait déjà pour l’enseignement secondaire II. Mais, après trois années de phase pilote, le projet évolue maintenant vers un dispositif coquille vide.

Les référent·es égalité du CO et du secondaire II devront faire plus avec moins

En effet, à quelques jours de la fin de l’année, les référentes viennent d’apprendre que la rémunération du temps dédié à leur mission sera diminuée de moitié. En parallèle, des ajouts dans la lettre de mission augmentent substantiellement leur charge de travail. Jusqu’ici, les référentes disposaient d’une quarantaine d’heures annuelles de travail comprises dans leur contrat de poste pour mener à bien leur mission. Désormais, les référentes devront assumer une charge de travail plus importante et avec seulement une vingtaine d’heures de travail annuelles payées à la facture.

A ceci s’ajoute la disparition du poste de coordination des référentes au sein de la Direction Générale du DIP. Cette suppression, rompant la collaboration entre les établissements et avec la Direction Générale, laisse les référentes dans une situation d’isolement institutionnel.

Pareille réduction des moyens alloués à une mission aussi importante que la promotion de l’égalité et la lutte contre les discriminations la vide de sa substance et la transforme en un dispositif alibi. Dans un contexte où circule des idéologies masculinistes et discriminatoires au sein de la jeunesse et de façon toujours plus décomplexée, la position du DIP est irresponsable et dangereuse pour les jeunes. Ces mesures démontrent encore une fois que la Direction Générale ignore les attentes des professionnel·les et les besoins réels du terrain.

Enfin, les référents et référentes égalité du secondaire II ont également appris la disparition de leur commission égalité, existant depuis des années. Ses tâches devraient être intégrées dans des mandats de chargé·e de mission égalité, comme proposés aux référent·es égalité du CO et pour une rémunération également diminuée de moitié.

La promotion de la durabilité également dans le viseur des coupes budgétaires du DIP

Dans un même élan, les référent·es à l’éducation à la durabilité (ED) ont reçu une lettre de la Direction générale annonçant sèchement les mêmes restrictions financières. Alors que la canicule de juin vient de forcer le gouvernement à renvoyer à la maison élèves de 1P et 2P, et que le mois de mai 2026 a été un épisode de canicule précoce historique en Suisse, le comité enseignement du SSP Genève déplore cette décision d'économiser sur la prévention au CO.

Genève a déclaré l'urgence climatique depuis 2020 mais aucun acte concret n’a suivi. Alors que le DIP s'est doté d'une feuille de route, il n’a toujours pas les moyens nécessaires à sa mise en œuvre.

Le SSP défend des moyens pour l’égalité et la durabilité

Pour être en mesure d’assurer une éducation à la durabilité, à l’égalité et contre les discriminations, le comité enseignement du SSP exige maintenant :

  • Le rétablissement immédiat des heures inscrites au poste qui prévalait jusqu’ici et la reconnaissance de l’ampleur de leurs tâches et de leur engagement
  • Pour les référentes égalité : la nomination d'une présidence de groupe formée et sensibilisée aux enjeux d'égalité, afin d'assurer une coordination efficace et de recréer le lien institutionnel perdu.
  • Pour les référent·es à l’éducation à la durabilité : les moyens de mettre en œuvre la feuille de route pour la durabilité, ainsi qu'un plan d'adaptation des bâtiments scolaires à l'urgence climatique et sociale.