Grève de la fonction publique - le DIP refuse d’informer les parents

Les employé·es de la fonction publique genevoise ont prévu de faire grève à l’occasion de la rentrée scolaire, les 17 et 18 août, afin de dénoncer les mesures d’austérité du Conseil d’Etat attaquant les services publics. Mais le Département de l’instruction publique (DIP) refuse d’en informer correctement les parents d’élèves, entravant ainsi le droit de grève des enseignant·es. Cela constitue une nouvelle attaque du Conseil d’Etat à la liberté syndicale, après la restriction des envois au personnel ce printemps. Les parents d’élèves sont appelé·es à soutenir les enseignant·es. 

Eric Roset

Les parents d’élèves dans l’enseignement primaire sont habituellement informé·es d’un mouvement de grève par un courrier du DIP glissé dans les cartables, rappelant que les parents peuvent exceptionnellement garder leurs enfants à la maison ce jour-là. Dans l’enseignement secondaire, la même information est faite par courrier électronique. Mais pour la grève du 17 et du 18 août, le DIP a choisi de publier l’information seulement sur son site internet ainsi que d’afficher un courrier dans les établissements scolaires primaire, secondaire et spécialisé, pourtant fermés aux élèves et à leurs parents. Francesca Marchesini, présidente de la Société pédagogique genevoise (SPG), commente : “L’information préalable des familles contribue à limiter les difficultés organisationnelles liées à la grève. Restreindre les possibilités de transmission de cette information ne sert ni les familles, ni les enseignant·es, ni le bon fonctionnement du service public.”

Le DIP avait pourtant amplement le temps de prévoir une communication effective aux parents car le préavis de grève a été envoyé par le Cartel intersyndical à l’employeur en date du 7 juillet 2026. “C’est absurde que 41 jours n’ait pas suffit au DIP pour faire un envoi postal ou un email alors que le Conseil d’Etat presse les employé·es de la fonction publique à travailler plus vite, plus efficacement et avec moins de ressources,” complète Mathilde Mottet, secrétaire syndicale au syndicat des services publics (SSP). “Nous considérons cette absence d’information aux parents comme une entrave à l’exercice du droit de grève des enseignant·es.”

Cette attaque à l’information syndicale n’est cependant pas le premier essai du Conseil d’Etat. Au printemps, il avait décidé unilatéralement et sans aucune base légale de limiter les envois syndicaux sur les messageries professionnelles des employé·es de l’Etat. “La liberté syndicale est protégée par la Constitution suisse”, explique Massimiliano Masini, secrétaire syndical au syndicat interprofessionnel des travailleur·euses (SIT). “Attaquer le droit des syndicats à informer les travailleur·euses et la population est un aveu de faiblesse du Conseil d’Etat car il voit que l’opposition à ses mesures d’économie monte.”

Les syndicats SSP, SIT et SPG encouragent vivement les parents d’élèves de tous niveaux à ne pas envoyer leurs enfants à l’école ces lundi 17 août et mardi 18 août car les économies sur le dos de l’école voulues par le Conseil d’Etat sont un danger pour l’éducation de leurs enfants. “Le Conseil d’Etat veut augmenter le nombre d’élèves par classe au CO, augmenter le nombre de périodes enseignées par certain·es profs au collège pour le même salaire et refuse d’adapter le nombre de postes de l’enseignement spécialisé aux besoins des enfants,” explique Mathilde Mottet. Ce qui impacte négativement les professionnel·les de l’éducation et de l’enseignement a des conséquences délétères sur l’accompagnement et l’éducation des enfants. Francesca Marchesini termine: “Autant les parents que les fonctionnaires et les enfants gagnent à défendre des services publics de qualité.”

Communiqué de presse commun du SSP - Genève, de la SPG et du SIT.