CPEG: stop au pillage!

La droite veut voler 5 milliards à la Caisse de prévoyance de l'Etat de Genève.

Eric Roset

Est à l’ordre du jour du Grand Conseil un projet de la droite qui veut augmenter fortement les cotisations des assuré·es à la Caisse de prévoyance de l'Etat de Genève (CPEG).

En 2019, grâce à une alliance entre l’ASLOCA et le Cartel intersyndical, un vote populaire a décidé de recapitaliser la CPEG. Il acquittait ainsi une partie du sous-financement voulu par les gouvernements de droite pendant cinquante ans. Sept ans plus tard, cette même droite veut réduire de plus de 5 milliards de
francs le financement de la CPEG! Le résultat: une sous-couverture de la CPEG qui forcera une baisse des prestations aux travailleur·euses du secteurs publics (infirmières, personnel des crèches, enseignant·es, aux agent·es de sécurité, etc.).

La droite veut augmenter la part de cotisation des assuré·es de 33.3% à 45% et réduire celle des employeurs (Etat, HUG etc.) de 66.7% à 55%. A terme, selon les règles actuarielles et prudentielles cela va amputer les capitaux de couverture d’environ 5 milliards* ! Et, de surcroît, transférer plus de deux milliards de financement de l’Etat vers les assuré·es.

L’argument de la droite: les assuré·es de la CPEG seraient des «privilégiés». C’est un mensonge: à la Caisse de pensions de la Migros, les assuré·es payent une part de 27.66% du total! Donc, moins de 33%!

Un autre but de la droite, qui est financée par les spéculateurs immobiliers: réduire la capacité de la CPEG d’acheter des terrains au PAV (Praille Acacias-Vernets), ce qui les soustrait à la spéculation immobilière et permet la construction de logements qui restent abordables pour la majorité de la population et dans la longue durée!

La droite aurait voulu en 2019 saigner financièrement les pensions des infirmières, des personnels des crèches, des enseignant·es et de toutes et tous les autres assuré·es à la CPEG. Elle veut prendre sa revanche avec sa loi 11548.

Préparons le référendum et renvoyons ce paquet pourri à son expéditeur!


* En 2015, Michael Paparou, président, et Christophe Decor, directeur général de la CPEG, ont déclaré à propos d’un projet de loi analogue (répartition 50%-50%) : « [..] cette loi aurait [..] une influence majeure sur l’équilibre financier
à long terme de la caisse, en raison de la loi fédérale sur le libre passage, en particulier son article 17. En effet, la part de cotisation à la charge de l’assuré influence directement le niveau de sa prestation de sortie. En cas de démission d’un employé, l’institution de prévoyance doit lui verser au minimum ses propres cotisations, qui ne seraient plus de 9% (⅓ de 27%), mais de 13,5 (1/2 de 27%), majorées de 4% par année d’âge dépassant 20 ans. Un assuré, qui quitterait la CPEG à 45 ans, aurait droit à 200% de ses cotisations personnelles. L’impact serait donc considérable en termes de liquidités au niveau du calcul des engagements de la caisse. Selon les estimations de l’expert agréé de la caisse, ce montant en pertes de couverture pourrait s’élever à 5 milliards d’ici 2052.»


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03.06.2026 CPEG: stop au pillage! PDF (2,6 MB)