400 personnes contre les hausses des taxes et les coupes dans la recherche

Ce soir, 400 personnes ont manifesté devant l’Université de Genève contre la hausse des taxes et les coupes dans la recherche et l’éducation. Le rassemblement était organisé par les syndicats SIT, SSP, CUAE, le Syndicat des étudiantexs des HES-SO Genève ainsi que les associations du personnel ACCORDER et GAGE.

La recherche impactée
Le Conseil fédéral prévoit 431 millions de francs de coupes dans le budget de l’éducation et de la recherche pour 2027. Ces économies toucheront la formation professionnelle, la formation continue, l’ensemble des hautes écoles, ainsi que les institutions chargées d’encourager la recherche et l’innovation. Marion Bouffier, maîtresse d’enseignement et membre de l’Association commune des collaborateur·ices de l'enseignement et de la recherche à l’UNIGE (ACCORDER), commente: “Les coupes annoncées impacteront notamment 500 projets de recherche financés par le FNS, ce qui met à leur tour en péril 1’500 postes de recherche. Les conditions de travail déjà difficiles du corps intermédiaire vont encore empirer.” Rien qu'à l'Université de Genève, cela se traduirait par des coupes budgétaires avoisinant les 22 millions.

Sandrine Barberis, co-secrétaire de la faîtière des associations du personnel des HES (GAGE) rappelle : “La valeur du système HES repose sur l’expertise de terrain articulée aux dernières avancées scientifiques. Réduire le financement de la recherche, c’est péjorer directement la formation des futur·es professionnel·les.”

Hausses des taxes d’études
Pour compenser la diminution du financement des hautes écoles cantonales et des EPF, le Conseil fédéral veut augmenter les taxes d'étude. À la HES-SO Genève, ces hausses de taxes sont déjà une réalité : une augmentation de 40% pour les étudiantexs suisses (+ 400 CHF par an) et de 110% pour les étudiantexs étrangerexs (+ 1100 CHF par an) est intervenue depuis cette année. Guwani Ratnam, présidente du Syndicat des étudiantexs de la HES, commente : “Beaucoup d’étudiantexs des HES sont en réorientation professionnelle: elles et ils quittent leur stabilité financière pour reprendre des études puis sont complètement lâchéxs par le système.”

D'autres hausses de taxes vont certainement arriver, le Conseil fédéral préconisant d'arriver à quadrupler à terme les taxes des étudiantexs étrangerexs. Anaïs du Syndicat étudiant et faîtière universitaire (CUAE) témoigne : “Cela se traduirait à l'Université de Genève par une hausse de 1000 à 4000 CHF pour les étudiantexs étrangerexs et de 1000 à 2000 CHF pour les étudiantexs suisses. L’éducation ne doit pas être réservée aux plus riches !”

Austérité généralisée
Ces coupes participent à un mouvement général de dévaluation de l'enseignement supérieur et d’attaques contre le service public. Clara Barrelet, secrétaire syndicale du SIT, ajoute: “Le Conseil d’Etat a présenté un projet de budget 2026 qui n’a qu’un seul but : limiter les dépenses pour nous faire oublier que ça fait des années qu’ils limitent les impôts des riches et des entreprises.”

Mathilde Mottet, secrétaire syndicale du SSP, complète : “Le Conseil d’Etat et le Conseil fédéral doivent percuter que les Hautes écoles ne sont pas des entreprises qu’il faudrait stabiliser financièrement. Ce sont des lieux où on forme l’avenir. Et dans l’avenir, on veut investir, pas économiser.”

Une manifestation largement soutenue
Des enseignantesx solidaires de l’UNIGE et des HES ont pris la parole pour affirmer la justesse des revendications des étudiantexs et chercheureuses. La manifestation a également été soutenue par le Cartel intersyndical de la fonction publique, la faîtière des syndicats genevois CGAS et des partis politiques.


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