Victoire des auxiliaires de bibliothèque!

Photo Eric Roset

de: Interview «Services Publics»

Questions à Elise et William, auxiliaires de bibliothèque à Uni Bastions.

Quel est le statut des auxiliaires de bibliothèque?

Elise – Nous sommes des étudiant-e-s qui assumons les tâches d’accueil, de rangement, de prêt et de réception des ouvrages les soirs et les week-ends, afin de permettre l’ouverture élargie des bibliothèques. Notre contrat prévoit un pensum d’environ 30% par mois durant un an, renouvelable deux fois.

D’où est venu le conflit avec la direction?

William – Le 2 février, le responsable de la bibliothèque nous a annoncé une série de mesures, prévues dès la mi-février. Il faut notamment réétiqueter 150'000 ouvrages, un énorme boulot. Pour économiser, la direction a décidé d’affecter les auxiliaires de bibliothèques à cette tâche. Dans ce but, elle a fermé la bibliothèque durant les horaires élargis – dès 18 h la semaine, toute la journée le dimanche –, à l’exception du samedi, ce dès le 15 février. Notre mission passait de l’accueil à l’étiquetage, mais nous étions censé-e-s garder les mêmes horaires.

Dans un deuxième temps, on nous a annoncé que nous ne pourrions commencer le réétiquetage qu’après la livraison du matériel nécessaire. Nous nous sommes retrouvé-e-s avec une bibliothèque fermée, mais sans la possibilité d’entamer l’étiquetage!

Elise – En mars, la bibliothèque est restée fermée et nous n’avions toujours pas de travail. Les heures perdues s’accumulaient, nous n’avions aucune information. Nous avons alors pris contact avec le SSP. Grâce à son appui, nous avons mobilisé les auxiliaires et organisé une réunion avec le responsable de la bibliothèque, fin avril. Ce dernier nous y a annoncé que nous pouvions enfin commencer l’étiquetage. Mais le nombre d’heures négatives était tel que les rattraper aurait impliqué de travailler durant les cinq semaines de vacances fixées à la fin du semestre de printemps, une période de révisions importante. Face à notre demande de supprimer ces heures négatives, le responsable nous a renvoyé-e-s vers les Ressources humaines. Il a aussi remis en cause la possibilité, qu’il avait lui-même proposée, d’augmenter leur taux de travail pour les auxiliaires qui le désiraient. La menace a divisé le groupe, ce qui a été éprouvant. Heureusement, un noyau est resté déterminé, uni et solidaire.

William – Après cette réunion, nous avons envoyé nos revendications à la direction RH: la suppression des heures de travail négatives entre mi-février et fin avril; la possibilité de prendre nos vacances entre juin et août; le maintien du taux d’occupation à 30% jusqu’à la fin du contrat, avec possibilité de réembauche l’année suivante; la possibilité d’augmenter son taux d’activité.

Quelle a été la réponse?

William – Nos demandes ont été exaucées, sauf la promesse de réembauche. En parallèle, l’association des étudiant-e-s en lettres a obtenu la réouverture des bibliothèques aux horaires élargis, jusqu’à fin juin. Nous avons ainsi repris notre travail habituel. C’est une victoire!

Elise – Ce succès d’étape n’aurait peut-être pas été possible sans l’appui du SSP, que je tiens à remercier. La lutte n’est pas terminée: aujourd’hui, nous devons éviter que la bibliothèque ne soit fermée durant les horaires élargis dès la fin du premier semestre 2021, et ce pour une durée indéterminée.

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