Le SSP Genève renouvelle ses instances et prépare les mobilisations à venir

Communiqué de presse du SSP Genève.

Réuni en assemblée generale, le SSP Genève renouvelle ses instances et prépare les mobilisations à venir

Des mobilisations à venir qui s’annoncent nombreuses

Après une première offensive du gouvernement durant l’automne dernier qui visait notamment à baisser le salaire de 1% du personnel, offensive partiellement contenue par la mobilisation, le gouvernement a initié depuis le début de l’année 2021 un vaste cycle de réformes.

Quatre projets sont menés à grand train. Parmi ceux-ci: un projet d'assurance perte de gain, une augmentation des cotisations des employé-e-s affilié-e-s à la CPEG, une facilitation des licenciements via une refonte de la LPAC et un projet de réforme des rémunérations intitulé G'Evolue.

Pour une partie d’entre elles, ces réformes vont entraîner une diminution des salaires et une fragilisation de la protection du personnel. Si elles ne surprenaient pas jusqu'à présent, ces réformes étant menées par un gouvernement à majorité de droite, il est plus surprenant aujourd'hui de constater qu'elles se poursuivent avec la même intensité, ceci alors même que les dernières élections ont permis un renversement de ladite majorité. Or, il reste difficile de différencier la ligne de l’actuel gouvernement de celle de ses prédécesseurs puisque tous les projets sont menés avec le même entrain.

Les discussions secrètes du gouvernement pour assainir l’Etat

La semaine passée, la presse nous apprenait que la droite claquait la porte au nez du Conseil d’Etat en mettant un terme à des discussions menées en toute discrétion, sans informer ni requérir d’ailleurs la présence des organisations syndicales. Ces rencontres, qui réunissaient le gouvernement et les partis parlementaires chaque vendredi, avaient pour but d’étudier les « modalités d’assainissement des finances publiques », selon une formule consacrée. En somme, il s’agissait de déterminer les prestations à diminuer ou à supprimer ou tout autre moyen d’alléger les charges, ce qui signifie dans la bouche de la droite, une baisse des conditions de salaire.

Si cela ne présageait pas des attaques concrètes qui attendent le personnel, il serait presque amusant de railler, après plus de 15 mois au cours desquels le personnel est resté mobilisé face à la pandémie, la politique de casse et de démantèlement social qui obsède la droite et ses alliés. A mille lieues de la réalité professionnelle que le personnel affronte depuis plus d’une année, mobilisé sans relâche face à ce qui restera comme la pire crise des cinquante, voire des cent dernières années, la droite a encore l’outrecuidance d’exiger aujourd’hui encore plus de sacrifices de la part de la fonction publique. D’ailleurs, si la droite a quitté ce discret cercle de discussion, c’est bien parce que les réformes en cours étaient déjà insuffisantes à ses yeux.

Face à cette situation, et à un projet de budget 2022 qui s’annonce bien sombre pour le personnel et pour la population, il importe que les organisations syndicales se mettent en ordre de bataille. Quelle que soit la couleur politique du gouvernement, face aux menaces à peine voilées de la droite, il s’agit dès à présent de préparer la bataille qui s’annonce.

Renouvellement des instances et de la présidence

Dans cette optique, et conformément à ses statuts, le Syndicat des services publics de Genève a tenu le 27 mai 2021 son assemblée générale. Elle visait à élire ses nouvelles instances. De plus, resté vacant pendant une année, le siège de la présidence est désormais occupé.

Après les années récentes difficiles, avec le schisme d’une partie de ses militant-e-s, le SSP Genève est donc bien décidé à préparer la mobilisation. Il s’agit d’ailleurs d’une priorité du nouveau président: « mon objectif est de renforcer les instances et le travail sur le terrain. C’est la meilleure manière de permettre puis d’élargir la mobilisation du personnel face aux menaces qui s’annoncent », explique Vincent Bircher, le président nouvellement élu.

Membre du comité directeur depuis plusieurs années, militant SSP dans le secteur social depuis un peu moins de dix ans, siégeant dans différentes instances du Cartel intersyndical depuis les grèves de la fonction publique d’octobre-novembre 2020, Vincent Bircher est travailleur social et exerce depuis 2016 auprès du Service de protection des mineur-e-s. Il milite également sur son lieu de travail au sein de la délégation du personnel. « Les réformes menées actuellement par le gouvernement sont l’objet de toute notre attention et de notre énergie, comme le budget 2022 qui sera, sans nul doute, l’un des plus difficiles que devra affronter le personnel », précise-t-il.

Lors de ladite assemblée statutaire, les membres présent-e-s ont également rappelé, par divers votes, une position claire sur la question féministe. Le SSP tient donc à préciser ici que la lutte contre le harcèlement sexuel, comme celle contre le sexisme ou le racisme sont des éléments constitutifs du syndicalisme. Il n’y a aucune primauté des luttes sociales sur celles contre les discriminations sexuelles ou raciales.

Le rôle du SSP et de ses militant-e-s sera donc décisif pour les mois (et années) à venir, dans un contexte socio-économique particulièrement tendu. Le syndicat continuera à être présent au plus près du personnel, à porter ses luttes et ses combats, tout en gardant à l’esprit les enjeux de sociétés fondamentaux auxquels ses membres restent attaché-e-s.

Le syndicat entend également poursuivre la ligne historiquement défendue: une politique syndicale combative, sans compromis, en toute indépendance vis-à-vis des employeurs, et au service des membres et du personnel.

Enfin, il convient ici de rappeler que le SSP est une organisation solide, du fait de son implantation dans les différents secteurs des services publics et subventionnés. Fondé en 1905, le SSP a des sections dans tous les cantons suisses et rassemble plusieurs dizaines de milliers de membres. Sa capacité d’agir et sa force de frappe, notamment en cas de grève, sont décisives, ne serait-ce que parce qu’il dispose d’un fonds de lutte qui permet à ses membres d’affronter les grèves sans trop de préjudices financiers. « C’est une information que le gouvernement et la droite doivent conserver à l’esprit, au vu de l’automne chaud qu’il et elle nous préparent », conclut Vincent Bircher.

Le comité directeur du SSP
Vincent Bircher

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