Pétition pour exiger de meilleures conditions de travail à la MRPS

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de: Syndicats Unia - SSP - SIT

Plus d’une centaine de travailleurs-euses de la Maison de Retraite du Petit-Saconnex (MRPS) signent une pétition pour exiger de meilleures conditions de travail.

La pétition, qui va être déposée auprès de l’OCIRT, va aussi être présentée au Conseiller d’Etat Maurio Poggia, responsable du Département de la sécurité, de l’emploi et de la santé, dans les semaines à venir.

« Depuis 2018 les équipes de jour faisaient des tournus permanents entre les unités et les bâtiments. Cela a mis les équipes dans un état d’épuisement physique et psychologique et a clairement dégradé la qualité des soins. Ces changements constants ont aussi déstabilisé les résidents et ont engendré un état de détresse parfois grave » évoque Patrick*, travailleur dans le secteur des soins.

Situation désastreuse
« La MRPS qui compte plus de 350 résidents, se retrouve depuis le 25 novembre sans Direction de Soins, ce qui a déjà été le cas pendant 9 mois l’année passée. La situation s’aggrave au point que les anciens Responsables d’Unités partent, sans doute en raison des pressions qui auraient été exercées sur eux. Les soins se retrouvent alors dans une situation désastreuse. Aujourd’hui nous avons 2 Responsables d’Unités qui gèrent 9 équipes et 220 résidents EMS alors qu’auparavant nous en avions 5 pour toutes les unités EMS » relève Patrick*.
Depuis des années, la demande d’augmentation des effectifs pour les EMS est formulée par les syndicats. La pétition insiste sur le fait que pour s’occuper correctement des personnes âgées, sans multiplier les horaires coupés ou le stress, il faut disposer de la totalité du personnel travaillant auprès des résidents requis selon l’échelle PLAISIR. C’est d’ailleurs un scandale que l’IN125, votée par le peuple, ne soit pas toujours appliquée.

Les résidents en paient le prix
Jeannette*, qui a voulu aussi rejoindre la délégation du personnel et qui va déposer la pétition nous explique: « Les femmes de chambres manquent de personnel. Elles doivent faire beaucoup plus de coupés qu’auparavant et il y a un dysfonctionnement certain concernant leur organisation de travail mise en place. Les garçons de maison ne sont pas assez nombreux vu la superficie de la MRPS. L’équipe de nuit, qui était normalement composée d’équipe fixe sur les 2 secteurs, Cèdres et Azalées, a été réduite à un tournus permanent. Ce qui fait qu’on ne fait plus que des soins à la tâche-agenda, alors qu’auparavant on faisait des soins individualisés et personnalisés. Ce tournus engendre méconnaissance du résident, risque d’erreurs accrues et donc des hospitalisations à répétition. C’est malheureusement encore une fois les résidents qui en paient le prix.»

Un sentiment de peur
Rose*, qui travaille depuis plus de dix ans dans la MRPS insiste sur le sentiment de peur au sein de l’établissement : « Le personnel a le sentiment que les Représentants du Personnel se sont fait écrasés par la Direction et la Commission Administrative. Elle se demande maintenant : puisque les représentants qui nous soutenaient et se battaient pour nous se sont faits réprimander, que peut-il advenir de nous ? »

Les trois syndicats ont été mandatés pour ouvrir des négociations visant à faire cesser la dégradation des conditions de travail à la MRPS, mais aussi à améliorer les conditions comme lieu de vie. Ils font un appel à la direction et aux autorités compétentes pour agir au plus vite. Des modifications dans le management doivent être mises en place de façon urgente. Le personnel se réunira prochainement pour faire le point sur la situation.

*Prénom d’emprunt.

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