Le SSP s'oppose à la privatisation de blocs opératoires

(photo Eric Roset)

de: SSP - groupe HUG

Notre syndicat se bat inlassablement contre toute forme d’externalisation ou de privatisation aux HUG.

Une privatisation qui cache son nom !

Dans leur communiqué de presse du 2 février 2018, les HUG annoncent un partenariat public-privé (PPP) pour les blocs opératoires ambulatoires et lancent un appel d’offres.

Intrigué, notre syndicat a fait des recherches et a découvert que le CHUV, sous couvert de PPP, avait déjà effectué ce type de privatisation ! Les résultats ont été catastrophiques pour le personnel concerné dont les conditions de travail et salariales ont été péjorées.

A ce stade, les HUG se cachent bien d’expliquer leur projet de privatisation, quand bien même tout porte à croire qu’ils vont se calquer sur le modèle du CHUV.

Partenariat social ? Vraiment ?

Il est piquant de relever que les HUG, qui se vantent de promouvoir le partenariat social, n’ont pas consulté les syndicats ni expliqué au personnel les conséquences directes de ce PPP sur le statut et conditions de travail.

Le SSP se bat depuis des années contre la privatisation de services des HUG

Depuis 30 ans, le Conseil d’Etat cherche à faire des économies en externalisant de plus en plus de tâches. Notre syndicat se bat inlassablement contre toute forme d’externalisation ou de privatisation aux HUG.

Le service de nettoyage a été l’un des premiers touchés. Le SSP a réussi à limiter l’ampleur de la privatisation, mais les attaques restent incessantes.

Le SSP s’est aussi opposé à la privatisation de l’hélicoptère sanitaire genevois et de la pharmacie des HUG. Celle-ci aurait bien pu être une fondation d’utilité publique comme à Lausanne. Il a dénoncé la privatisation d’un laboratoire, d’une partie du service de sécurité et du service des transports des patients.

Notre syndicat se bat aussi contre une autre forme d’externalisation : l’usage abusif de personnel venant d’agences d’intérim. En effet, près de 1200 salariés précaires et sous-payés travaillent chaque année aux HUG pour un coût de 50 millions de francs, dont une bonne moitié est utilisée pour rétribuer les agences.

Dégradation des conditions de travail

Depuis des années le personnel des HUG subit des dégradations de ses conditions de travail : pressions de toute sorte, manque de reconnaissance et de respect, flexibilité totale imposée aux soignants et intensification des rythmes de travail.

Dans ce cadre, une privatisation de blocs opératoires pour l’ambulatoire annoncerait une escalade supplémentaire contre le personnel de terrain. Beaucoup de métiers seraient touchés. C’est ainsi que les infimiers/ères, les aides-soignant-e-s, le personnel administratif, de nettoyage, de la stérilisation seraient soumis à un contrat privé.

Le personnel de terrain devient une cible

La situation du personnel des HUG est à un tournant. Si les HUG arrivent à privatiser les blocs sans résistance, le personnel doit craindre d’autres privatisations.

Tous les services « rentables » pourraient être privatisés : laboratoires, radiologie, nettoyage, restauration, transport, sécurité, stérilisation et tout autre service qui pourraient intéresser les entreprises privées.

Les privatisations dégradent les prestations pour les plus faibles

La population genevoise ferait aussi les frais de cette politique. En effet, la motivation de rentabilité impacterait partout les plus faibles et à terme, dégraderait les prestations aux patients moins fortunés.

Les HUG « soignent » leurs hauts cadres

Pourquoi les HUG ne peuvent-ils pas continuer à gérer eux-mêmes les blocs opératoires ambulatoires ? Les cadres ne savent-ils donc pas gérer ce type de service ?

Pourtant, alors que les conditions de travail du personnel de terrain sont attaquées, les hauts cadres voient se multiplier des gestes en leur faveur. Quelques exemples :

  • Les HUG ont défendu bec et ongles le 14ème salaire des hauts cadres médicaux ce qui coûtent la bagatelle de 4 millions de francs par année.
  • Les hauts cadres se sont vu offrir une séance privée de « La revue » pour un coût resté confidentiel.
  • Les HUG veulent offrir aux hauts cadres médicaux un complément de deuxième pilier qui coûterait des millions chaque année aux contribuables.

Conséquences négatives des privatisations sur la CPEG

Les privatisations au sein des HUG ont aussi des conséquences sur la CPEG car moins de personnel sous contrat HUG signifie moins de personnel qui cotise à la CPEG.

Cette volonté de privatiser la santé publique expliquerait aussi l’empressement du Conseil d’Etat à vouloir modifier le système des prestations de la CPEG. En effet, l’abandon de la primauté de prestations pour la primauté de cotisations serait un passage obligé pour privatiser les services publics, car ce système insolidaire serait insensible à la diminution des membres de la CPEG.

Ferme opposition du SSP aux privatisations

Notre syndicat, implanté dans l’ensemble des hôpitaux publics suisses, se bat contre la privatisation rampante de la santé publique et le transfert de services « rentables » aux entreprises privées.

Le SSP s’oppose fermement aux privatisations des blocs et au changement de primauté de la CPEG !

La résistance est possible

Cette politique à l’encontre du personnel de terrain n’est pas inéluctable.

Récemment le personnel des EMS s’est battu contre l’externalisation de ses services et a obtenu une victoire d’étape. Les aides-soignant-e-s des blocs opératoires viennent de s’opposer avec succès à l’imposition des 10 heures de travail par jour. Nous appelons le personnel des blocs opératoires à s’organiser autour de notre syndicat pour faire face à cette attaque.

Nous appelons le reste du personnel à soutenir leurs collègues des blocs car d’autres services risquent fort d’être à leur tour touchés.

Ensemble nous pouvons résister et obliger les HUG à abandonner leur politique de privatisation et d’attaques constantes contre le personnel de terrain.

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