CPEG: l’heure de vérité se rapproche

Photo: Valdemar Verissimo

de: SSP RÉGION GENÈVE

Le Grand Conseil devrait se prononcer en septembre sur le futur de la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG). Notre mobilisation peut faire pencher la balance !

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Deux projets, opposés l’un à l’autre, sont soumis au Grand Conseil: d’un côté le PL12188 proposé par le Conseil d’Etat; de l’autre, le PL12228, déposé par quatre groupes : le Parti socialiste, Les Verts, Ensemble à Gauche et le MCG.
Imposée par le droit fédéral, la capitalisation de la CPEG peut se faire de deux manières: en faisant payer le personnel, ou en garantissant prioritairement son financement par la construction – par l’intermédiaire de la CPEG – de logements accessibles pour la population.
C’est devant ce choix que le Grand Conseil va se trouver: désengager en partie l’Etat du financement de nos retraites en nous faisant porter l’effort de capitalisation en plus de les exposer aux aléas de la bourse (PL12188); ou les garantir au travers de la construction d’immeubles (PL 12228).

PAYER PLUS, TOUCHER MOINS.D’après le Conseil d’Etat, avec son projet, « 82% de la population d’assurés verraient leurs prestations de retraite diminuer » à commencer par les bas salaires et les temps partiels. La cotisation payée par le personnel serait augmentée de 11%, pour des rentes réduites de plus de 4%.
Le PL 12188 fragiliserait aussi le droit à la retraite anticipée automatique en cas de pénibilité.

RENTES ALÉATOIRES.Surtout, le projet du gouvernement imposerait un changement de système: le passage de la primauté des prestations, en vigueur aujourd’hui, à la primauté des cotisations.
Dans le système actuel, celui de la primauté des prestations, l’objectif de rente est fixé à l’avance – à 60% du salaire assuré pour 40 années de cotisation. Chacun sait ce qu’il ou elle touchera au moment du départ à la retraite.
Dès lors, la CPEG doit être pilotée de manière à pouvoir atteindre cet objectif, si nécessaire par des apports en capitaux supplémentaires, des cotisations supplémentaires.
Avec la primauté des cotisations, les rentes servies dépendraient des résultats des placements financiers et du « bas de laine » que tout un chacun aura cotisé durant sa carrière avant sa retraite. Personne ne connaîtra à l’avance le montant de sa retraite !

COTISER PLUS ?Ainsi, c’est seulement en cotisant davantage qu’on pourra espérer obtenir des rentes décentes – non garanties car soumises aux aléas du taux de conversion et des fluctuations des taux d'intérêts.
C’est pourquoi le projet du Conseil d’Etat prévoit trois plans de prévoyance différents impliquant des cotisations différentes et qui augmenteraient avec l’âge.Autrement dit, ne pourront espérer des rentes décentes que celles et ceux qui auront pu verser des cotisations majorées. Quant aux autres…
Une fois de plus, ce serait aux assuré-e-s de passer à la caisse pour – peut-être –se mettre à l’abri des soubresauts boursiers.
C’est à ce prix que le Conseil d’Etat serait prêt à injecter 4,7 milliards pour capitaliser la CPEG – à un rendement bloqué qui ne tient pas compte de la variation des cours possible sur environ 40 ans. L'Etat fait un effort relatif, puisqu'il se remboursera en diminuant immédiatement sa cotisation.
C’est un prix inacceptable, que la reprise annoncée de l’inflation rendrait encore plus lourd.

Pour le SSP – Région Genève, le projet du Conseil d’Etat, même amendé, doit être refusé.

DÉFENDRE LA POSITION SYNDICALE. Il est indispensable de rappeler à la nouvelle députation au Grand Conseil, qu’elle aura entre ses mains la destinée de quelque 69 000 affilié-e-s à la CPEG et celle des dizaines de milliers de leurs proches. La portée des décisions que le Grand Conseil est appelé à prendre est énorme.
Dans ce contexte, il est décisif que les syndicats tiennent bon la position décidée lors de l’Assemblée générale du Cartel : OUI au PL12228 (lire ci-contre), NON à toute entrée en matière sur le projet du Conseil d’Etat – amendé ou non.

La mobilisation du personnel peut faire la différence !

Contexte

UN AUTRE PROJET DE LOI POSSIBLE

Le projet du Conseil d’Etat (PL12188) est inacceptable. Heureusement, il y a un projet alternatif sur la table, pour l’adoption duquel nous devons nous battre becs et ongles: le PL12228, qui garantirait durablement nos retraites.
Le PL 12228 propose d’abord que la CPEG reste en primauté des prestations – donc avec un montant des rentes défini à l’avance.
Dès lors, ce n’est pas en fonction des aléas de la bourse que nos retraites seraient versées, mais grâce au pilotage de la caisse par son comité – dans un contexte difficile et une conjoncture imprévisible.
Pour que cela devienne possible, le PL 12228 propose que l’Etat cède à la CPEG une partie des terrains constructibles qui lui appartiennent dans le secteur secteur Praille-Acacias-Vernets – le PAV.
La CPEG pourrait ainsi financer les retraites des salarié-e-s de l’Etat grâce à la mise sur le marché de logements, à des prix accessibles pour la majorité de la population et non-spéculatifs.
L’intérêt de la chose est évident. L’adoption du PL 12228 ne serait pas seulement moins coûteuse pour le contribuable. Elle permettrait aussi de garantir les retraites tout en soustrayant les terrains du PAV – qui appartiennent à la collectivité – à la voracité des promoteurs immobiliers !

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